La nature des couleurs, c’est d’être de la lumière.
« Que la lumière soit », et la lumière fut : premier acte créateur selon la Genèse. La parole de Dieu crée la lumière à partir de rien et sépare la lumière de l’ombre.
Bing-bang initial, constitué de chaleur et de lumière, à partir de rien : c’est comme cela que tout a commencé, selon nos physiciens.
La lumière, ce sont des grains de matière, les photons, qui se comportent aussi comme des ondes vibratoires immatérielles. Ce double comportement apparemment contradictoire n’a d’ailleurs pas fini de poser des points d’interrogation.
L’élément de base de la matière est l’électron. Celui-ci n’existe que quand « on l’attrape ». Sinon, il existe sous forme de potentialité d’électron, une potentialité de matière. Il se décrit selon une formule mathématique savante : les équations de Schroedinger qui ont une infinité de solutions. Donner une solution à ces équations, c’est donner forme à l’électron. C’est le faire devenir matière. Et cette forme dépend elle-même de la solution et de celui qui la formule.
Redonnons ici une image qui me tient à coeur [1] de cette réalité difficile à comprendre. Imaginons un étang dans lequel on jette un poisson. Si le poisson se comporte comme un électron, il se dissout dans l’étang. Il n’existe plus comme poisson, mais comme potentialité de poisson. Mettons sur le bord un pêcheur à la truite, un homme équipé pour seulement la pêche à la truite. S’il attrape le poisson, celui-ci devient poisson, et il devient truite. Si le pêcheur avait été spécialisé dans la pêche à la carpe, il aurait attrapé une carpe.
La matière que nous touchons, que nous croyons très concrète, n’est en réalité qu’une illusion. Elle n’est constituée que de vibrations. Nous ne percevons ces vibrations comme matière que parce que les ondes qui nous constituent nous-mêmes sont à la même échelle. Tout se passe comme si, d’une mer d’ondes infinie nous en extrayons certaines que nous densifions en ce que nous appelons la matière.
La matière est donc de même nature que la lumière et réciproquement. Nous sommes capables de percevoir la matière dense, mais aussi des ondes moins denses sous forme de longueurs d’ondes variées telles les ondes radars, hertziennes, lumineuses, électromagnétiques, sonores… Toutes ces vibrations sont de l’énergie moins dense que la matière solide, mais c’est toujours de l’énergie au sens vibratoire.
La lumière blanche est elle-même une sorte de soupe qui contient une infinité de longueurs d’ondes différentes. Chaque longueur d’onde correspond à une couleur. Si on fait passer de la lumière blanche à travers un prisme, celle-ci se transforme en un arc-en-ciel. L’œil perçoit sept couleurs composant cet arc-en-ciel. Mais un regard affiné observe un dégradé de couleurs. Il y a bien plus de sept teintes qui s’étalent de l’infra rouge à l’ultra violet avec le vert au milieu. Notre cerveau a besoin de classer, d’ordonner. Il le fait pour l’arc-en-ciel en repérant sept couleurs.
Mais la couleur n’existe pas dans l’absolu. Elle est de même nature que les autres longueurs d’ondes, hertziennes, électromagnétiques, radar. La longueur d’onde de la couleur est perçue par l’œil comme une couleur grâce à tout un équipement sensoriel : sur la rétine, des cellules différentes, les cônes et les bâtonnets, ont des spécialisations. Les bâtonnets pour le noir et blanc et les cônes pour la couleur. Les cônes sont eux-mêmes partagés en trois spécialités : ceux qui sont sensibles au rouge, au vert ou au bleu. Grâce à ces trois spécialités, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont décomposées en divers signaux électriques que les nerfs optiques transportent vers le cerveau qui les traite. Celui-ci interprète ces signaux comme des couleurs auxquelles la culture donne un nom.
[1] Cette idée est tirée du livre le cantique des quantiques de Swen Ortoli et J.P. Pharapob aux editions La découverte et est complétée dans mes deux précédents ouvrages, l’être humain hologramme de l’univers et le jeu des synchronicités.









